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Animaux en location : ce que dit vraiment la loi en 2024

Ton propriétaire peut-il t'interdire d'avoir un chien ou un chat ? Découvre tes droits sur les animaux en location selon la loi française.

LK
L'équipe Lockli
Publié le 9 juillet 2026
⏱ 10 min de lecture

Tu viens d'adopter un chien ou tu envisages de prendre un chat, mais ton bail contient une clause interdisant les animaux ? Pas de panique. La loi française est bien plus protectrice pour les locataires qu'on ne le croit souvent. Entre les idées reçues, les clauses abusives et les vrais droits, il est facile de se perdre. Cet article fait le point sur ce que dit vraiment la législation concernant les animaux en location : quels animaux sont autorisés, dans quels cas ton proprio peut t'interdire un chien, et comment te protéger en cas de litige.

La règle de base : les animaux domestiques sont autorisés par défaut

C'est le point de départ que beaucoup ignorent : en France, un locataire a le droit de détenir un animal domestique dans son logement. Ce droit est inscrit dans la loi du 6 juillet 1989, qui encadre les rapports locatifs entre bailleurs et preneurs.

Concrètement, toute clause dans un bail qui interdirait de manière générale et absolue la détention d'animaux de compagnie est considérée comme abusive et donc nulle. Le propriétaire ne peut pas simplement écrire « animaux interdits » dans le contrat et s'attendre à ce que cela soit juridiquement valable.

Cela concerne les animaux domestiques au sens classique du terme :

En revanche, la situation est différente pour certaines espèces. On y revient un peu plus bas.

Ce que dit exactement la loi du 6 juillet 1989

L'article 10 de la loi du 6 juillet 1989 est explicite : « Est réputée non écrite toute clause qui interdit au locataire de détenir un animal de compagnie. »

Autrement dit, même si ton bail mentionne une interdiction, tu peux légalement passer outre — du moins pour les animaux domestiques classiques. Cette clause n'a aucune valeur juridique. Elle ne peut pas servir de motif de résiliation de ton bail, ni justifier une retenue sur ton dépôt de garantie.

La loi ALUR de 2014 est venue renforcer ce cadre en précisant les droits des locataires et en limitant davantage les clauses que les propriétaires peuvent inclure dans un bail. Les listes de clauses abusives ont été actualisées, et l'interdiction générale des animaux en fait clairement partie.

Quand le propriétaire peut-il vraiment s'opposer à un animal ?

Si l'interdiction générale est nulle, il existe tout de même des cas où le bailleur peut légitimement intervenir. La loi ne donne pas un blanc-seing total au locataire.

Les troubles de voisinage

Un propriétaire peut agir si ton animal cause des troubles avérés du voisinage : aboiements incessants, dégradations des parties communes, nuisances olfactives répétées. Dans ce cas, ce n'est pas tant la présence de l'animal qui est en cause, mais le manquement à ton obligation d'user paisiblement du logement, prévue par l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989.

Des plaintes de voisins documentées, des courriers de syndic ou un constat d'huissier peuvent constituer des preuves suffisantes pour enclencher une procédure. Mais là encore, le propriétaire ne peut pas résilier le bail du jour au lendemain : il doit passer par une mise en demeure, puis éventuellement saisir le tribunal judiciaire.

Les chiens dangereux de catégories 1 et 2

C'est ici que la loi fait une distinction importante. Les chiens dits « dangereux » sont classés en deux catégories par la loi du 6 janvier 1999 :

Un propriétaire peut légitimement interdire les chiens de catégorie 1 dans son logement. Une clause le précisant dans le bail est parfaitement valide. Pour la catégorie 2, la situation est plus nuancée selon les juridictions, mais une clause spécifique peut aussi être valable si elle est justifiée.

La copropriété et le règlement intérieur

Si le logement est situé dans une copropriété, le règlement de copropriété peut contenir des restrictions sur les animaux. Toutefois, la jurisprudence a évolué : une interdiction totale des animaux dans un règlement de copropriété est aujourd'hui considérée comme abusive dans la majorité des cas. Seule une restriction fondée sur des troubles concrets est admise.

Les dégradations causées par l'animal : qui paie ?

C'est l'une des questions qui revient le plus souvent. Si ton chien griffe les parquets, si ton chat marque le canapé ou les murs, qui est responsable ?

La réponse est claire : le locataire est entièrement responsable des dégradations causées par son animal. Cela découle de l'obligation générale de restituer le logement en bon état, telle que prévue par l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989.

Lors de l'état des lieux de sortie, les dégradations imputables à l'animal peuvent donc être retenues sur le dépôt de garantie, à condition qu'elles soient clairement identifiées et différenciées de la simple vétusté. Un parquet rayé par un chien, ce n'est pas la même chose qu'un parquet naturellement usé par le temps.