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Animaux dans une location : ce que dit vraiment la loi

Ton propriétaire t'interdit d'avoir un chien ou un chat ? Découvre ce que dit vraiment la loi sur les animaux en location.

LK
L'équipe Lockli
Publié le 26 mai 2026
⏱ 10 min de lecture

Tu viens d'adopter un chien ou tu envisages d'accueillir un chat, mais ton bail comporte une clause qui interdit les animaux ? Ou alors ton propriétaire t'a envoyé un message pour te demander de t'en séparer ? Avant de paniquer, il est important de savoir une chose : la loi française encadre précisément ce sujet, et elle est souvent bien plus favorable aux locataires qu'on ne le croit. Entre les idées reçues, les clauses abusives et les droits réels, voici tout ce que tu dois savoir sur les animaux de compagnie dans une location.

Ce que dit la loi sur les animaux en location

Le cadre légal principal qui régit les relations entre locataires et propriétaires est la loi du 6 juillet 1989. C'est elle qui fixe les règles du jeu pour les locations à usage d'habitation principale. Et sur la question des animaux, la loi est assez claire.

L'article 10 de la loi du 9 juillet 1970, toujours en vigueur, pose un principe fondamental : toute clause d'un bail qui interdit à un locataire de détenir un animal de compagnie est réputée non écrite. Autrement dit, même si ton bail contient une telle interdiction, elle n'a aucune valeur juridique. Tu peux donc légalement avoir un animal chez toi, même si ton contrat dit le contraire.

Mais — et c'est important — cette règle connaît des exceptions. Elle ne s'applique pas aux animaux dangereux ou classés, ni aux situations où l'animal cause des troubles manifestes.

Les chiens de 1re et 2e catégorie : une exception majeure

Si la loi protège globalement le droit du locataire à avoir un animal, elle établit une distinction nette pour certains chiens. En France, la loi du 6 janvier 1999 classe certaines races en deux catégories :

Pour ces animaux, le propriétaire peut légalement interdire leur présence dans le logement. Une clause du bail visant spécifiquement ces catégories est donc valable et opposable au locataire. Si tu possèdes un chien de ce type, il est indispensable de le mentionner lors de ta recherche de logement et de t'assurer que le propriétaire l'accepte explicitement.

Par ailleurs, les chiens de 1re catégorie sont interdits dans les parties communes des immeubles collectifs, ce qui peut poser des problèmes pratiques même si le propriétaire est d'accord.

Qu'est-ce qu'un "animal de compagnie" selon la loi ?

La notion d'animal de compagnie peut sembler évidente, mais elle a son importance juridique. En règle générale, on entend par animaux de compagnie les animaux domestiques classiques : chiens, chats, lapins, oiseaux, poissons, hamsters, etc.

Les nouveaux animaux de compagnie (NAC) comme les reptiles, certains rongeurs exotiques ou les araignées entrent dans une zone plus grise. Juridiquement, rien n'interdit formellement leur présence si l'animal est légalement détenu (certaines espèces sont soumises à des autorisations spécifiques au titre de la Convention de Washington sur le commerce des espèces menacées).

Il est donc conseillé, en cas de doute, de vérifier que ton animal ne fait pas partie d'une espèce protégée ou soumise à autorisation préalable. Le non-respect de ces règles pourrait te valoir des complications bien au-delà du simple rapport locatif.

Trouble de voisinage et responsabilité du locataire

Avoir le droit de posséder un animal ne signifie pas avoir le droit de nuire aux autres. En tant que locataire, tu es tenu à une obligation d'usage paisible du logement, définie à l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989. Concrètement, si ton animal cause des nuisances — aboiements répétés, dégradations des parties communes, peur chez les voisins — tu engages ta responsabilité.

Les nuisances qui peuvent justifier une procédure

Voici ce qui peut être reproché au locataire dont l'animal cause des troubles :

Dans ces cas, le propriétaire peut adresser une mise en demeure, et en cas de persistance, saisir le tribunal judiciaire pour demander la résiliation du bail. Mais attention : une simple plainte d'un voisin ne suffit pas. Le trouble doit être réel, sérieux et prouvé.

La responsabilité civile du propriétaire d'animal

L'article 1243 du Code civil dispose que le propriétaire d'un animal est responsable du dommage que celui-ci a causé. Si ton chien mord un voisin ou abîme la porte d'entrée, c'est toi qui es responsable, pas ton propriétaire. C'est pourquoi il est fortement recommandé de vérifier que ton assurance habitation couvre bien les dommages causés par tes animaux — ce qui est souvent le cas dans les contrats multirisques habitation.

Dépôt de garantie et dégradations liées aux animaux

C'est l'une des questions les plus fréquentes : le propriétaire peut-il retenir tout ou partie du dépôt de garantie si l'animal a causé des dégâts ?

La réponse est oui, mais sous conditions strictes. Le propriétaire doit être en mesure