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Animaux en location : ce que dit vraiment la loi en 2024

Ton propriétaire peut-il t'interdire d'avoir un chien ou un chat ? Découvre ce que dit la loi sur les animaux en location.

LK
L'équipe Lockli
Publié le 19 juin 2026
⏱ 10 min de lecture

Tu viens d'adopter un chien ou tu envisages de le faire, mais tu vis en location ? La question des animaux dans une location est l'une des sources de conflits les plus fréquentes entre locataires et propriétaires. Beaucoup de bailleurs inscrivent des clauses d'interdiction dans le bail, persuadés d'être dans leur droit. Pourtant, la loi française est claire — et souvent bien plus favorable aux locataires qu'ils ne le croient. Avant de céder à la pression de ton proprio ou de cacher ton animal, prends le temps de connaître tes droits. On t'explique tout.

Ce que dit la loi sur les animaux domestiques en location

La règle de base est posée par la loi du 6 juillet 1989, qui encadre les rapports locatifs en France. Cette loi protège les locataires contre les clauses abusives que certains propriétaires tentent d'imposer. Et les clauses concernant les animaux en font partie.

Plus précisément, l'article 1er de la loi du 9 juillet 1970 (toujours en vigueur) dispose qu'un bailleur ne peut pas interdire à un locataire de détenir un animal domestique dans son logement. Toute clause de bail stipulant l'interdiction pure et simple de posséder un animal est considérée comme nulle et non avenue. Concrètement, même si ton contrat de location mentionne "animaux interdits", cette clause n'a aucune valeur juridique.

Cela signifie qu'un propriétaire ne peut pas :

La grande exception : les chiens catégorisés

Attention, la liberté accordée aux locataires comporte une exception importante. Les chiens dits "dangereux", classés en catégorie 1 ou catégorie 2 par la loi du 6 janvier 1999, peuvent légalement être interdits par le règlement de copropriété ou par le bail.

Catégorie 1 : les chiens d'attaque

Sont concernés les chiens assimilables à certaines races comme le Staffordshire Terrier, le Bull Mastiff ou le Tosa sans pedigree reconnu. Ces chiens sont soumis à des restrictions très strictes et peuvent être formellement interdits dans un logement en location.

Catégorie 2 : les chiens de garde et de défense

Il s'agit notamment des Rottweilers, American Staffordshire Terriers avec pedigree, ou encore des Tosas inscrits au LOF. Pour ces chiens, le propriétaire peut légitimement faire valoir une interdiction, notamment si le règlement de copropriété le prévoit.

Si tu possèdes un chien de race classée, renseigne-toi précisément sur sa catégorie. Une attestation de comportement délivrée par un vétérinaire peut parfois faciliter les négociations avec ton bailleur, même si elle ne t'accorde pas de droit automatique.

Le cas particulier des chats et petits animaux

Pour les chats, la règle est encore plus protectrice. La loi interdit expressément au propriétaire de s'opposer à la présence d'un chat stérilisé dans le logement. C'est inscrit noir sur blanc dans la législation française. Même dans une copropriété avec un règlement strict, un locataire a le droit de garder un chat stérilisé.

Pour les petits animaux comme les poissons, hamsters, lapins nains ou oiseaux, la question ne se pose pratiquement pas. Ces animaux vivent en cage ou en aquarium et ne causent aucune nuisance aux voisins. Aucun tribunal ne donnerait raison à un propriétaire qui tenterait d'en interdire la possession.

Ce que le propriétaire peut légitimement exiger

Si le proprio ne peut pas interdire ton animal, il n'est pas non plus sans recours. Il peut tout à fait agir si ton animal cause des troubles de voisinage ou des dégradations dans le logement. Voici ce qu'il est en droit d'exiger :

La nuance est importante : c'est le comportement de l'animal qui peut être sanctionné, pas sa simple présence.

Les clauses de bail nulles vs les clauses valides

Tous les locataires ne lisent pas leur bail à la loupe. Pourtant, certaines formulations méritent d'être connues pour éviter les malentendus.

Clauses nulles (sans valeur juridique)

Ces clauses, aussi clairement rédigées soient-elles, sont réputées non écrites au sens de la loi du 6 juillet 1989. Tu n'as aucune obligation de les respecter, même si tu les as signées.

Clauses potentiellement valides