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Animaux dans une location : ce que dit vraiment la loi

Ton propriétaire peut-il vraiment t'interdire d'avoir un animal ? Découvre ce que dit la loi sur les animaux en location.

LK
L'équipe Lockli
Publié le 9 juin 2026
⏱ 8 min de lecture

Tu viens d'adopter un chien ou un chat, et ton propriétaire te sort la clause du bail interdisant les animaux ? Ou tu cherches un logement et chaque annonce semble claquer la porte à ton compagnon à quatre pattes ? Tu n'es pas seul : en France, près de 52 % des foyers possèdent un animal de compagnie, mais trouver ou conserver une location avec un animal reste un vrai parcours du combattant. Pourtant, la loi est souvent mal comprise — aussi bien par les locataires que par les propriétaires. Voici ce que dit vraiment le droit français sur les animaux dans une location, ce que ton propriétaire peut ou ne peut pas faire, et comment te protéger.

Le principe général : un propriétaire ne peut pas interdire tous les animaux

C'est le point qui surprend le plus de monde. En France, une clause de bail interdisant totalement les animaux de compagnie est réputée non écrite. Autrement dit, elle n'a aucune valeur juridique. Ce principe est posé par l'article 10 de la loi du 9 juillet 1970, toujours en vigueur aujourd'hui.

Concrètement, même si ton bail contient une phrase du type « Il est formellement interdit de détenir un animal dans le logement », cette clause ne peut pas être opposée à un locataire qui possède un animal domestique. Le propriétaire ne peut pas te donner congé sur ce seul motif, ni retenir tout ou partie de ton dépôt de garantie pour cette raison.

Mais attention : ce principe a des limites importantes, et tout n'est pas permis pour autant.

Ce que la loi autorise vraiment : animaux domestiques vs animaux dangereux

Les animaux domestiques : protégés par la loi

La loi protège la détention d'animaux domestiques, c'est-à-dire les animaux de compagnie courants comme les chiens, les chats, les lapins, les poissons ou les oiseaux. Aucune clause de bail ne peut s'y opposer de manière générale et absolue.

Les animaux classés dangereux : une exception légale

La loi prévoit une exception claire pour les chiens de 1re et 2e catégorie (dits « chiens dangereux »), définis par la loi du 6 janvier 1999 :

Pour ces animaux, un propriétaire peut légalement interdire leur présence dans le logement via une clause spécifique dans le bail. Cette interdiction est valide et opposable au locataire.

Les animaux nuisibles ou non domestiques

Un propriétaire peut également s'opposer à la détention d'animaux qui ne sont pas considérés comme domestiques au sens légal : serpents, araignées venimeuses, NAC (nouveaux animaux de compagnie) de certaines espèces protégées ou classées dangereuses. La frontière est parfois floue, mais le principe reste : plus l'animal présente un risque potentiel, plus le propriétaire dispose de leviers juridiques.

Le règlement de copropriété : un autre obstacle possible

Même si la loi protège les locataires contre les clauses abusives du bail, le règlement de copropriété peut ajouter des restrictions. Si l'immeuble est en copropriété, ce règlement s'impose à tous les occupants, y compris les locataires.

Certains règlements de copropriété anciens contiennent des clauses interdisant les animaux dans les parties communes (ascenseur, couloirs, jardins partagés), ou imposant que les animaux soient tenus en laisse dans ces espaces. Ces règles sont généralement valides car elles visent à préserver la tranquillité et la sécurité collective.

En revanche, un règlement de copropriété ne peut pas interdire totalement les animaux dans les appartements privatifs : la Cour de cassation a rappelé ce principe à plusieurs reprises. Seules les parties communes peuvent faire l'objet de restrictions.

Troubles de voisinage et dégradations : là où le propriétaire reprend la main

La protection légale dont bénéficie le locataire ne signifie pas carte blanche. Si ton animal cause des troubles anormaux de voisinage ou des dégradations dans le logement, le propriétaire dispose de recours solides.

Les troubles de voisinage

Un chien qui aboie en permanence, un chat qui souille les parties communes, des nuisances olfactives répétées… Ces situations peuvent constituer un manquement à l'obligation du locataire d'user paisiblement du logement, prévue par la loi du 6 juillet 1989 (article 7). Le propriétaire peut alors envoyer un courrier de mise en demeure, puis engager une procédure de résiliation du bail si les troubles persistent.

Les dégradations

Si ton animal endommage le logement — parquet griffé, murs abîmés, portes rongées — tu es responsable en tant que locataire de ces dégradations. Le propriétaire peut légitimement retenir une partie du dépôt de garantie pour couvrir les réparations, à condition de fournir des justificatifs (devis, factures, état des lieux comparatif).

C'est pourquoi il est crucial de réaliser un état des lieux d'entrée très détaillé, en notant précisément l'état du parquet, des portes et des murs avant d'emménager avec ton animal.

Que faire si ton propriétaire t'interdit un animal malgré la loi ?

Si ton propriétaire te menace de résiliation de bail ou refuse de renouveler ton contrat au motif que tu as un chien ou un chat, voici les étapes à suivre :

  1. Vérifie ta clause de bail : est-elle une interdiction totale et générale, ou vise-t-elle spécifiquement les chiens de 1re et 2e catégorie ?
  2. Rappelle la loi par