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Changement des fenêtres en location : amélioration du confort et économies d'énergie

Le changement des fenêtres dans un logement locatif représente un enjeu majeur pour améliorer le confort thermique et réduire la facture énergétique. Cette démarche, qui concerne à la fois propriétaires et locataires, nécessite de connaître précisément les obligations légales et les bénéfices attendus. Entre rénovation énergétique et respect de la réglementation, découvrons ensemble les aspects essentiels de cette amélioration du logement.

Qui doit changer les fenêtres : propriétaire ou locataire ?

La question de la responsabilité du changement des fenêtres est encadrée par la loi du 6 juillet 1989, qui définit clairement les obligations respectives du bailleur et du locataire. Selon l'article 6 de cette loi, le propriétaire doit maintenir le logement en bon état et effectuer toutes les réparations autres que locatives.

Le décret du 26 août 1987 précise cette répartition en détail. Les fenêtres étant considérées comme des éléments structurels du logement, leur remplacement incombe généralement au propriétaire. Cette obligation s'applique particulièrement quand :

Cependant, le locataire reste responsable de l'entretien courant, comme le nettoyage des vitres, la lubrification des mécanismes ou le remplacement de petites pièces d'usure comme les joints d'étanchéité de base.

Les nouvelles obligations énergétiques des propriétaires

La loi Climat et Résilience : un tournant décisif

Depuis l'adoption de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, les propriétaires font face à des exigences renforcées en matière de performance énergétique. Cette loi introduit notamment l'interdiction progressive de louer des logements classés F et G au diagnostic de performance énergétique (DPE).

Dès janvier 2023, les logements consommant plus de 450 kWh/m²/an ne peuvent plus être mis en location. Cette mesure sera étendue à tous les logements classés G en 2025, puis aux logements F en 2028. Face à ces échéances, le remplacement des fenêtres devient souvent une nécessité pour améliorer la classe énergétique du bien.

L'impact des fenêtres sur la performance énergétique

Les fenêtres représentent environ 15% des déperditions thermiques d'un logement selon l'ADEME. Dans les bâtiments anciens avec du simple vitrage, cette proportion peut atteindre 25%. Le remplacement par du double vitrage performant permet de réduire ces pertes de 50 à 80%.

Cette amélioration se traduit concrètement par :

Les aides financières disponibles pour le changement de fenêtres

MaPrimeRénov' : le dispositif principal

Depuis 2020, MaPrimeRénov' constitue l'aide principale pour financer le remplacement des fenêtres. Cette prime, qui remplace l'ancien crédit d'impôt transition énergétique, est accessible aux propriétaires bailleurs sous certaines conditions.

Les montants varient selon les revenus du propriétaire :

Pour les propriétaires bailleurs, l'aide est forfaitaire à 40€ par équipement, plafonné à 20 000€ sur 5 ans. Il faut noter que depuis octobre 2023, seul le remplacement de simple vitrage par du double ou triple vitrage est éligible.

Les autres dispositifs de financement

Au-delà de MaPrimeRénov', plusieurs aides complémentaires existent :

Ces dispositifs peuvent souvent se cumuler, permettant de financer jusqu'à 60% du coût total des travaux. Pour connaître l'ensemble des aides disponibles dans ta région, tu peux consulter notre FAQ qui détaille les démarches administratives.

Critères techniques et normes pour le choix des nouvelles fenêtres

Les performances thermiques indispensables

Pour bénéficier des aides publiques et respecter la réglementation thermique, les nouvelles fenêtres doivent respecter des critères techniques précis. Le coefficient de transmission thermique Uw doit être inférieur ou égal à 1,3 W/m².K pour du double vitrage, et à 0,8 W/m².K pour du triple vitrage.

Le facteur solaire Sw, qui mesure la capacité de la fenêtre à transmettre la chaleur du soleil, doit également être adapté à l'orientation :

Les matériaux et technologies recommandés

Le choix du matériau impacte directement les performances et la durabilité :

Le type de vitrage influence également les performances. Le double vitrage à isolation renforcée (VIR) avec gaz argon offre des performances supérieures au double vitrage classique. Le triple vitrage, bien qu'excellent thermiquement, reste recommandé principalement en climat très froid ou pour les maisons passives.

Procédure et démarches pour le remplacement des fenêtres

Les étapes préparatoires essentielles

Avant de débuter les travaux, plusieurs étapes sont indispensables pour garantir leur conformité et leur financement. La première consiste à faire établir un diagnostic de performance énergétique (DPE) pour évaluer l'impact potentiel du changement de fenêtres sur la classe énergétique du logement.

Il faut ensuite solliciter plusieurs devis auprès d'entreprises certifiées RGE (Reconnu Garant de l'Environnement). Cette certification est obligatoire pour bénéficier des aides publiques. Les devis doivent préciser les caractéristiques techniques des fenêtres proposées et leur conformité aux exigences réglementaires.

Information et accord du locataire

Bien que le propriétaire soit responsable du remplacement des fenêtres, il doit informer son locataire et organiser l'accès au logement. La loi ALUR de 2014 prévoit que les travaux d'amélioration énergétique peuvent être réalisés même sans accord du locataire, à condition de respecter un préavis d'un mois.

Cependant, il est recommandé d'obtenir l'accord écrit du locataire et de planifier les travaux en concertation. Les nuisances doivent être limitées au maximum, et si les travaux rendent le logement temporairement inhabitable, une solution de relogement doit être proposée.

La durée moyenne d'installation varie de 1 à 3 jours selon le nombre de fenêtres et la complexité de la pose. Pour les logements parisiens notamment, où l'accès peut être compliqué, il convient de prévoir des délais supplémentaires. Tu trouveras plus d'informations sur les spécificités parisiennes dans notre section location Paris.

Impact sur le loyer et la relation locative

Le remplacement des fenêtres constitue une amélioration notable du logement qui peut justifier une révision du loyer. Selon l'article 17-2 de la loi de 1989, modifié par la loi ALUR, une augmentation de loyer est possible après des travaux d'amélioration, sous certaines conditions strictes.

Cette augmentation ne peut excéder 15% du coût réel des travaux TTC, répartie par douzième et appliquée mensuellement. Elle doit être notifiée au locataire par lettre recommandée avec accusé de réception au moins six mois avant sa prise d'effet.

Exemple concret : pour un remplacement de fenêtres coûtant 6000€, l'augmentation mensuelle maximum sera de 75€ (6000 x 15% ÷ 12 = 75€). Cette majoration s'applique jusqu'au départ du locataire et devient ensuite intégrée au loyer de base.

Il est important de conserver tous les justificatifs : factures des entreprises RGE, photos avant/après travaux, et éventuellement une expertise attestant de l'amélioration des performances énergétiques. Ces documents peuvent être demandés par le locataire ou en cas de litige.

Pour éviter les conflits, il est conseillé d'expliquer au locataire les bénéfices concrets : réduction de sa facture énergétique, amélioration du confort thermique et acoustique. Une estimation des économies d'énergie attendues, basée sur les caractéristiques du logement, rend cette démarche plus transparente. Notre glossaire définit précisément tous les termes techniques liés à ces améliorations énergétiques.

Le changement des fenêtres s'impose aujourd'hui comme un investissement incontournable pour les propriétaires bailleurs soucieux de maintenir leurs biens aux normes énergétiques exigées. Au-delà de l'obligation légale croissante, cette amélioration génère des bénéfices durables : valorisation patrimoniale, réduction de la vacance locative, et satisfaction des locataires grâce à un confort accru. Avec les nombreuses aides disponibles et la possibilité d'ajuster le loyer, cette démarche s'avère souvent rentable à moyen terme tout en contribuant aux objectifs environnementaux nationaux.

Questions fréquentes

Puis-je obliger mon locataire à accepter le changement des fenêtres ?

Oui, en tant que propriétaire, tu peux réaliser ces travaux d'amélioration énergétique même sans l'accord de ton locataire. La loi ALUR te permet d'effectuer ces travaux après un préavis d'un mois par lettre recommandée. Cependant, tu dois respecter les horaires légaux de travaux et minimiser les nuisances. Si les travaux rendent le logement inhabitable, tu dois proposer une solution de relogement temporaire.

Combien de temps faut-il pour amortir l'investissement du changement de fenêtres ?

L'amortissement varie généralement entre 8 et 15 ans selon le coût des travaux et les économies réalisées. Avec des fenêtres coûtant 4000€ et générant 300€ d'économies annuelles (réduction facture énergétique + augmentation loyer possible), l'investissement est amorti en environ 13 ans. Les aides publiques peuvent réduire ce délai de 3 à 5 ans en diminuant l'investissement initial de 40 à 60%.

Le changement de fenêtres suffit-il à sortir mon logement de la classe énergétique F ou G ?

Le remplacement des fenêtres seul permet rarement de passer d'une classe F ou G à une classe acceptable. Cette amélioration fait généralement gagner 1 classe énergétique, parfois 2 dans les cas optimaux. Pour sortir durablement des passoires thermiques, il faut généralement combiner le changement de fenêtres avec l'isolation des murs ou de la toiture, et parfois le remplacement du système de chauffage. Un audit énergétique préalable permet d'identifier la combinaison de travaux la plus efficace.

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