Bail & Contrat

Les 7 clauses abusives les plus courantes dans les baux

Ton bail contient peut-être des clauses illégales. Découvre les 7 clauses abusives les plus fréquentes et comment te protéger en tant que locataire.

LK
L'équipe Lockli
Publié le 11 juillet 2026
⏱ 10 min de lecture

Tu viens de signer un bail ou tu t'apprêtes à le faire ? Avant de parapher la dernière page, sache qu'un contrat de location peut contenir des clauses abusives — parfois glissées par inadvertance, parfois délibérément. En France, la loi du 6 juillet 1989 encadre strictement ce que le propriétaire peut ou ne peut pas exiger. Pourtant, des dizaines de milliers de baux comportent encore aujourd'hui des dispositions contraires à la loi. Résultat : des locataires qui paient des pénalités injustifiées, renoncent à des droits fondamentaux ou se retrouvent en situation précaire. Voici les 7 clauses abusives de bail les plus répandues — et ce que tu peux faire si tu les repères dans ton contrat.

Qu'est-ce qu'une clause abusive dans un bail ?

Une clause abusive dans un bail est une disposition contractuelle qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations du locataire et ceux du propriétaire. Dans le cadre d'un bail d'habitation, la loi du 6 juillet 1989 est très claire : toute clause contraire à ses dispositions protectrices est réputée non écrite. Cela signifie qu'elle est nulle de plein droit, sans qu'il soit nécessaire de saisir un tribunal pour l'annuler — même si elle figure noir sur blanc dans le contrat signé.

Concrètement, une clause peut être déclarée abusive ou illégale si elle :

L'article 4 de la loi du 6 juillet 1989 liste explicitement les clauses interdites. Passons en revue les plus fréquemment rencontrées.

1. La clause qui interdit d'avoir des animaux de compagnie

C'est l'une des clauses abusives les plus répandues dans les baux d'habitation. Beaucoup de propriétaires insèrent une formule du type : "Il est interdit au locataire de détenir tout animal dans le logement." Or, cette clause est illégale pour les chats et les chiens dans un logement non meublé.

La loi du 9 mars 1948 et la jurisprudence constante protègent le droit du locataire à posséder un animal domestique. Pour un bail nu, le propriétaire ne peut pas interdire la présence d'un animal de compagnie, à condition que celui-ci ne cause pas de troubles du voisinage ou de dégradations. Pour les locations meublées, la situation est légèrement différente et peut faire l'objet d'une négociation contractuelle.

À noter : si ton bail contient cette clause, elle est réputée non écrite. Tu peux légalement accueillir un chat ou un chien sans risquer d'expulsion pour ce seul motif.

2. La clause qui impose une assurance spécifique au locataire

Si ton propriétaire t'a imposé de souscrire une assurance habitation auprès d'une compagnie précise — par exemple la sienne ou celle d'un partenaire —, cette clause est illégale. L'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 oblige bien le locataire à s'assurer contre les risques locatifs, mais il lui laisse le libre choix de son assureur.

Un propriétaire peut exiger une attestation d'assurance à la signature et chaque année. Il peut même résilier le bail si tu n'es pas assuré. En revanche, il ne peut jamais te contraindre à choisir un prestataire en particulier. Cette pratique s'apparente à une clause abusive qui restreint ta liberté contractuelle.

3. La clause qui met à la charge du locataire des réparations dues au propriétaire

La répartition des charges entre locataire et propriétaire est encadrée par le décret du 26 août 1987. De manière générale :

Certains baux contiennent des clauses qui font basculer illégalement des charges lourdes sur le locataire. Par exemple : "Le locataire prendra en charge le remplacement de la chaudière en cas de panne." Ce type de clause est nul. L'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 impose au propriétaire de maintenir le logement en état de servir à l'usage pour lequel il a été loué — ce qui inclut les équipements essentiels.

Si tu te retrouves face à une panne de chaudière ou une fuite de toiture, documente tout par écrit et rappelle à ton propriétaire ses obligations légales.

4. La clause qui interdit la sous-location ou la colocation sans base légale

La sous-location non autorisée est effectivement interdite par la loi — le propriétaire a le droit d'y mettre son veto. Mais certains baux vont beaucoup plus loin en interdisant par exemple :

Ces restrictions sont abusives. La loi garantit au locataire le droit de jouir paisiblement de son logement, ce qui inclut la liberté d'y accueillir les personnes de son choix. Une clause qui interdit au locataire d'héberger ses proches ou son partenaire de vie est réputée non écrite selon l'article 4 de la loi du 6 juillet 1989.