Bail & Contrat

Les 7 clauses abusives les plus courantes dans les baux de location

Clause abusive dans ton bail ? Découvre les 7 pièges les plus fréquents, tes droits et comment te protéger en tant que locataire.

LK
L'équipe Lockli
Publié le 3 juin 2026
⏱ 10 min de lecture

Signer un bail, c'est souvent faire confiance à un document qu'on lit en diagonale, pressé d'obtenir les clés. Pourtant, certains propriétaires insèrent des clauses abusives dans le bail — parfois par méconnaissance de la loi, parfois délibérément. Ces clauses peuvent t'imposer des obligations illégales, te faire perdre de l'argent ou te placer dans une situation vulnérable. La bonne nouvelle : la loi du 6 juillet 1989 est claire sur ce sujet. Certaines clauses sont tout simplement nulles, qu'elles soient signées ou non. Dans cet article, on passe en revue les 7 clauses de bail illégales les plus répandues, pour que tu saches exactement ce que ton bailleur n'a pas le droit de t'imposer.

Pourquoi certaines clauses de bail sont-elles illégales ?

En droit français, le bail d'habitation est encadré par des textes d'ordre public. Cela signifie qu'aucun accord entre le propriétaire et le locataire ne peut y déroger, même si les deux parties ont signé. La loi du 6 juillet 1989 dresse une liste noire de clauses expressément interdites, complétée par la loi ALUR de 2014 qui a renforcé les protections des locataires.

Concrètement, une clause abusive dans un bail est une disposition qui :

L'article 4 de la loi du 6 juillet 1989 établit une liste précise. Toute clause relevant de cet article est réputée non écrite : tu n'as aucune obligation de la respecter, même si tu as signé le contrat.

Clause n°1 : l'interdiction d'avoir des animaux de compagnie

C'est l'une des clauses abusives dans un bail les plus fréquemment rencontrées. Beaucoup de propriétaires ajoutent une mention du type : "Il est interdit au locataire de détenir tout animal dans le logement."

Or, cette clause est illégale pour les animaux de compagnie ordinaires (chiens, chats, hamsters…). L'article 10 de la loi du 9 juillet 1970 — toujours en vigueur — interdit formellement au bailleur de prohiber la détention d'un animal familier, sauf si cet animal cause un trouble de voisinage réel et caractérisé.

Exception importante : l'interdiction reste valable pour les animaux classés dangereux (chiens de catégorie 1 et 2 selon la loi du 20 juin 2008), ou dans le cas de logements en copropriété dont le règlement l'interdit explicitement.

Clause n°2 : la clause résolutoire pour un seul mois de loyer impayé

Certains baux prévoient qu'un seul mois de loyer impayé suffit à entraîner la résiliation automatique du bail. C'est une clause typiquement abusive et illégale.

La loi du 6 juillet 1989 (article 24) encadre strictement la procédure d'expulsion. Le propriétaire doit :

  1. faire délivrer un commandement de payer par huissier ;
  2. laisser un délai de deux mois au locataire pour régulariser sa situation ;
  3. saisir le tribunal judiciaire, qui seul peut prononcer la résiliation du bail.

Aucune clause contractuelle ne peut raccourcir cette procédure ni supprimer le passage devant le juge. Si ton bail contient une telle disposition, elle est réputée non écrite.

Clause n°3 : l'obligation de souscrire une assurance auprès d'un assureur désigné

Il est tout à fait légal pour un propriétaire d'exiger que le locataire souscrive une assurance habitation (article 7 de la loi du 6 juillet 1989). En revanche, lui imposer de contracter auprès d'une compagnie spécifique est une clause de bail illégale.

Cette pratique est doublement problématique : elle restreint ta liberté contractuelle et peut te conduire à payer plus cher qu'avec un contrat librement choisi. Une assurance habitation classique en France coûte entre 80 et 200 € par an selon le logement et la ville. Tu as le droit de choisir l'assureur qui te convient, à condition de fournir une attestation valide à ton propriétaire.

Clause n°4 : l'interdiction de recevoir des personnes extérieures

Une clause interdisant au locataire de recevoir de la famille ou des amis, ou limitant le nombre de personnes pouvant séjourner dans le logement, constitue une atteinte directe au droit à la vie privée garanti par l'article 9 du Code civil et par la Convention européenne des droits de l'homme.

La loi du 6 juillet 1989 est formelle : le locataire jouit paisiblement de son domicile. Le propriétaire ne peut pas réglementer qui entre chez toi ni pour combien de temps. Toute clause restrictive en ce sens est nulle de plein droit.

À noter : cela ne signifie pas qu'un locataire peut sous-louer librement. La sous-location reste soumise à l'accord écrit du propriétaire (article 8 de la loi du 6 juillet 1989). Mais recevoir un proche pour quelques nuits est un droit inaliénable.

Clause n°5 : la facturation de frais de relance ou de gestion administrative

Certains baux — notamment ceux rédigés par des agences immobilières peu scrupuleuses — prévoient des frais de relance en cas de retard de paiement, des frais d'établissement de quittance, ou encore des frais pour chaque courrier administrat