Tu emménages prochainement et tu veux éviter les mauvaises surprises au moment de récupérer ta caution ? L'état des lieux d'entrée est une étape cruciale que beaucoup de locataires bâclent, faute de méthode. Pourtant, un détail oublié peut te coûter des centaines d'euros lors de ton départ. La loi du 6 juillet 1989 impose sa réalisation de façon contradictoire entre le locataire et le propriétaire, et tout ce qui n'est pas noté à l'entrée peut être retenu sur ton dépôt de garantie. Dans cet article, on te donne une check-list edl complète, pièce par pièce, pour que tu entres dans ton logement l'esprit tranquille.
Pourquoi l'état des lieux d'entrée est-il si important ?
L'état des lieux d'entrée est un document juridique à part entière. Il est encadré par la loi du 6 juillet 1989 (article 3-2), modifiée par la loi ALUR de 2014, qui impose qu'il soit établi de manière contradictoire — c'est-à-dire en présence du locataire et du propriétaire (ou de son mandataire) — et annexé au contrat de bail.
Concrètement, ce document sert de référence à la sortie du logement. Si tu n'as pas noté une rayure sur le parquet ou une tache sur un mur à l'entrée, tu risques de te la voir imputer à la sortie, même si elle était déjà là. En France, le dépôt de garantie représente 1 mois de loyer hors charges pour une location vide, et 2 mois pour une location meublée. C'est donc une somme significative à protéger.
Un état des lieux d'entrée bien réalisé, c'est aussi un outil de communication sain avec ton propriétaire : il pose les bases d'une relation de confiance dès le départ.
Quand et comment se déroule l'état des lieux d'entrée ?
L'état des lieux d'entrée doit être réalisé le jour de la remise des clés, avant que tu t'installes. Il est établi en deux exemplaires originaux, un pour chaque partie. Il peut être fait sur papier ou sous format numérique, à condition que les deux parties puissent y accéder.
Depuis la loi ALUR, un décret du 30 mars 2016 fixe les mentions obligatoires que doit contenir le document :
- Type d'état des lieux (entrée ou sortie)
- Date de réalisation
- Adresse du logement
- Identité des parties (locataire et propriétaire ou mandataire)
- Relevés des compteurs (eau, gaz, électricité)
- Inventaire et état des clés remises
- État de chaque pièce et de chaque équipement
Si le propriétaire refuse de faire l'état des lieux ou ne se présente pas, tu peux faire appel à un huissier de justice (désormais commissaire de justice). Les frais sont alors partagés par moitié entre les deux parties.
La check-list edl pièce par pièce
Voici la check-list edl à imprimer et à emporter le jour J. Pour chaque élément, note l'état précis : bon état, usage, mauvais état, et décris les défauts constatés avec le plus de précision possible.
Entrée et couloir
- Porte d'entrée : état de la serrure, des gonds, de la peinture, présence d'éraflures
- Sonnette ou interphone : fonctionnement
- Sol : carrelage, parquet, moquette — noter fissures, taches, usure
- Murs et plafond : traces, trous, humidité, peinture écaillée
- Éclairage : ampoules fonctionnelles, interrupteurs
- Placards ou rangements : état des portes, des étagères
Salon et séjour
- Sol : nature du revêtement, rayures, taches, joints
- Murs et plafond : couleur, traces, fissures, humidité
- Fenêtres et volets : état des vitres, fermeture, présence de condensation entre les vitrages
- Prises électriques et interrupteurs : fonctionnement, état
- Radiateurs ou système de chauffage : fonctionnement, robinets thermostatiques
- Équipements inclus (si meublé) : état du canapé, de la table, des chaises
Cuisine
- Plan de travail : rayures, brûlures, joints
- Meubles : portes, charnières, tiroirs
- Évier : état, robinetterie, écoulement
- Appareils électroménagers (four, plaques, hotte, réfrigérateur) : fonctionnement, propreté intérieure, état extérieur
- Carrelage mural : fissures, carreaux manquants
- Sol : état général
- Ventilation : VMC, grille d'aération
Chambre(s)
- Sol : parquet, moquette, carrelage — noter les défauts