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Logement insalubre : tous vos recours en tant que locataire

Moisissures, humidité, danger… Découvrez tous vos recours face à un logement insalubre et comment forcer votre propriétaire à agir.

LK
L'équipe Lockli
Publié le 15 avril 2026
⏱ 10 min de lecture

Tu rentres chez toi et tu retrouves des taches noires sur les murs, une odeur d'humidité persistante, des fenêtres qui ne ferment plus ou une installation électrique digne des années 60. Ton propriétaire ne répond pas — ou pire, minimise le problème. Ce que tu vis, c'est peut-être un logement insalubre, et tu n'es pas sans ressources. En France, la loi protège clairement les locataires face aux propriétaires négligents. De la mise en demeure jusqu'à la procédure d'insalubrité devant la mairie ou la préfecture, plusieurs recours existent. Cet article t'explique pas à pas ce que tu peux faire, quels textes invoquer et comment ne plus subir une situation qui met ta santé en danger.

Qu'est-ce qu'un logement insalubre ? La définition légale

Un logement insalubre est un logement dont l'état représente un danger ou un risque pour la santé ou la sécurité de ses occupants. Cette définition est encadrée par le Code de la santé publique (articles L1331-22 et suivants) et le Code de la construction et de l'habitation (CCH).

Concrètement, un logement peut être considéré insalubre s'il présente :

Il faut distinguer l'insalubrité (risque pour la santé) du péril (risque pour la structure du bâtiment). Les deux procédures sont différentes, mais dans les deux cas, le propriétaire a l'obligation d'agir.

Les obligations légales de ton propriétaire

Avant tout recours, rappelons ce que la loi impose à ton bailleur. L'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 est très clair : le propriétaire est tenu de remettre au locataire un logement décent, ne laissant pas apparaître de risques manifestes pour la sécurité physique ou la santé, et doté des éléments le rendant conforme à l'usage d'habitation.

Le décret du 30 janvier 2002 précise les critères de décence : surface minimale de 9 m², hauteur sous plafond d'au moins 2,20 m, étanchéité à l'air et à l'eau, installation électrique conforme, eau chaude et froide, chauffage fonctionnel, etc.

La loi ALUR de 2014 a renforcé ces obligations en rendant plus facile pour les locataires de signaler les manquements et en créant de nouvelles procédures de mise en conformité.

En résumé : si ton logement ne répond pas à ces critères au moment de la location ou si la situation se dégrade pendant le bail, ton propriétaire doit agir. S'il ne le fait pas, tu disposes de plusieurs leviers.

Étape 1 : Rassembler les preuves avant tout

Avant d'agir, documente tout. C'est la base de n'importe quel recours et ce qui fera la différence si le dossier finit devant un tribunal.

Ce qu'il faut collecter

Ces preuves seront indispensables pour chaque étape suivante. Plus ton dossier est solide, plus tu seras crédible face à la mairie, au tribunal ou à un conciliateur.

Étape 2 : Mettre ton propriétaire en demeure par écrit

La première démarche officielle consiste à envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) à ton propriétaire. C'est ce qu'on appelle une mise en demeure.

Dans ce courrier, tu dois :

  1. Décrire précisément les problèmes constatés
  2. Indiquer les textes légaux applicables (article 6 de la loi du 6 juillet 1989, décret du 30 janvier 2002)
  3. Fixer un délai raisonnable pour effectuer les travaux (généralement 1 mois)
  4. Préciser que sans réponse, tu saisiras les autorités compétentes

Ce courrier a une valeur juridique importante : il prouve que tu as tenté de régler le problème à l'amiable avant d'aller plus loin. Sans lui, certaines procédures ne peuvent pas être engagées.

Si ton propriétaire ne répond pas ou refuse d'agir dans le délai imparti, passe à l'étape suivante.

Étape 3 : Signaler le logement aux autorités compétentes

C'est souvent à cette étape que les choses s'accélèrent vraiment. Plusieurs organismes