Travaux

Proprio refuse les travaux : 4 étapes pour le forcer légalement

Ton proprio refuse de faire les travaux ? Découvre 4 étapes concrètes pour le forcer à agir, grâce à la loi française. Guide complet 2024.

LK
L'équipe Lockli
Publié le 27 mai 2026
⏱ 10 min de lecture

Ton propriétaire tarde à réparer le chauffage en plein hiver, refuse de colmater une fuite d'eau ou laisse les fenêtres en mauvais état depuis des mois ? Tu n'es pas seul. Des milliers de locataires font face chaque année à un proprio qui refuse les travaux, parfois par mauvaise volonté, parfois par méconnaissance de ses obligations. Ce que beaucoup ignorent, c'est que la loi est clairement de ton côté. En France, le propriétaire est légalement tenu de te fournir un logement décent et en bon état. Si ce n'est pas le cas, tu disposes de recours concrets, progressifs et efficaces pour le forcer à agir — sans forcément passer par un avocat.

Ce que la loi oblige ton propriétaire à faire

Avant de passer à l'action, il est essentiel de comprendre ce que dit la loi. La loi du 6 juillet 1989, qui encadre les rapports locatifs en France, impose au propriétaire deux obligations fondamentales :

L'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 est explicite : le bailleur est tenu de remettre un logement en bon état d'usage et de réparation, et de maintenir cet état tout au long du bail. La loi ALUR de 2014 a encore renforcé ces obligations, notamment en matière de décence énergétique.

Concrètement, sont à la charge du propriétaire :

En revanche, les petites réparations courantes (joints, ampoules, entretien des appareils...) restent à la charge du locataire. Le décret du 26 août 1987 liste précisément ces "réparations locatives".

Étape 1 : Envoie une mise en demeure par lettre recommandée

La première chose à faire quand ton proprio refuse les travaux, c'est de formaliser ta demande par écrit. Un simple SMS ou un appel téléphonique ne constitue pas une preuve valable en cas de litige. Tu dois envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR).

Cette lettre doit contenir :

  1. Une description précise des désordres constatés (avec photos en annexe si possible)
  2. La mention des articles de loi concernés (art. 6 de la loi du 6 juillet 1989)
  3. Une demande formelle de réalisation des travaux dans un délai raisonnable (généralement 15 à 30 jours)
  4. Une mention indiquant que tu te réserves le droit d'agir en justice en cas d'absence de réponse

Ce courrier est fondamental : il constitue la preuve que tu as bien sollicité ton propriétaire avant d'entamer toute procédure. Sans cette étape, tes recours ultérieurs seront fragilisés. Garde toujours une copie de ta lettre et l'accusé de réception.

Étape 2 : Saisir la Commission Départementale de Conciliation

Si ton propriétaire ne répond pas à ta mise en demeure ou refuse toujours d'effectuer les travaux, la deuxième étape consiste à saisir la Commission Départementale de Conciliation (CDC). Cette démarche est gratuite et disponible dans chaque département.

La CDC réunit un représentant des locataires et un représentant des propriétaires pour tenter de trouver un accord amiable. Elle ne rend pas de décision contraignante, mais son intervention pousse souvent les propriétaires récalcitrants à agir, notamment pour éviter une procédure judiciaire.

Pour saisir la CDC :

Cette étape est souvent sous-estimée par les locataires, mais elle permet de débloquer de nombreuses situations sans passer devant un tribunal. Le délai de traitement est en général de 2 à 3 mois.

Étape 3 : Signaler le logement aux autorités compétentes

Si les travaux concernent un problème de salubrité ou de sécurité (moisissures importantes, absence de chauffage, risque électrique, infiltrations graves...), tu peux signaler ton logement à la mairie ou à l'Agence Régionale de Santé (ARS). Les agents peuvent alors effectuer un diagnostic de décence ou une visite d'inspection.

Le signalement en mairie

Le service communal d'hygiène et de santé (SCHS) peut constater les manquements et mettre en demeure le propriétaire d'effectuer des travaux. Si ce dernier ne s'exécute pas, la mairie peut engager une procédure d'insalubrité, pouvant aller jusqu'à des astreintes financières journalières.

Le signalement via "Signal.conso" ou "Histologe"

La plateforme nationale Histologe, lancée par l'État, permet de signaler en ligne tout logement indécent ou insalubre. Un agent public