Travaux

Proprio refuse les travaux : 4 étapes pour le forcer légalement

Ton proprio refuse de faire les travaux ? Découvre 4 étapes concrètes pour le forcer à agir, de la mise en demeure jusqu'au tribunal.

LK
L'équipe Lockli
Publié le 4 juillet 2026
⏱ 10 min de lecture

Ton logement a un chauffage en panne depuis des semaines, de l'humidité qui envahit les murs ou une fenêtre qui ne ferme plus correctement — et ton propriétaire ne répond pas, temporise ou refuse carrément de faire les travaux. Cette situation est malheureusement très courante en France. Pourtant, la loi est claire : le bailleur a des obligations légales d'entretien qu'il ne peut pas ignorer. Si ton proprio refuse les travaux, tu n'es pas sans recours. Voici 4 étapes concrètes, dans l'ordre, pour le forcer à agir — sans te retrouver seul face au vide juridique.

Ce que la loi impose vraiment à ton propriétaire

Avant de passer à l'action, il faut savoir exactement sur quoi tu t'appuies. La loi du 6 juillet 1989, qui encadre les rapports entre locataires et bailleurs, est formelle : le propriétaire a l'obligation de délivrer un logement décent, en bon état d'usage et de réparation, et de maintenir cet état tout au long de la location (article 6).

Concrètement, cela signifie qu'il est tenu d'assurer :

À l'inverse, tu restes responsable des réparations locatives (menues réparations, entretien courant) listées dans le décret du 26 août 1987. Comprendre cette frontière, c'est éviter de confondre ce qui te revient et ce que tu peux légitimement réclamer à ton bailleur.

Étape 1 — Envoie une mise en demeure par courrier recommandé

C'est le point de départ incontournable. Avant toute procédure, tu dois mettre ton propriétaire en demeure d'effectuer les travaux. Sans cette étape, aucun recours ultérieur ne sera vraiment solide.

Comment rédiger ce courrier ?

Envoie une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Elle doit mentionner :

Conserve précieusement l'accusé de réception. C'est ta preuve que le bailleur a bien été informé et n'a pas agi. Prends aussi des photos datées des problèmes, et garde toutes les preuves de vos échanges (SMS, emails). Ces éléments seront décisifs si l'affaire va plus loin.

Étape 2 — Saisir la commission départementale de conciliation

Si ton proprio refuse toujours d'agir après la mise en demeure, l'étape suivante consiste à saisir la Commission Départementale de Conciliation (CDC). Ce dispositif gratuit, présent dans chaque département, permet de tenter de trouver un accord amiable avant de passer devant un juge.

La saisine se fait par courrier adressé à la CDC de ton département (généralement rattachée à la Direction Départementale de la Cohésion Sociale — DDCS). Tu peux aussi passer par la mairie ou la préfecture pour obtenir les coordonnées.

La commission réunit les deux parties, examine les éléments fournis et formule une proposition de conciliation. Elle ne s'impose pas légalement au propriétaire, mais elle crée une pression supplémentaire. En cas d'accord, un procès-verbal de conciliation est rédigé — il a une vraie valeur juridique.

Attention : dans certains cas (logement indécent notamment), la saisine de la CDC est même une étape préalable obligatoire avant de saisir le tribunal judiciaire.

Étape 3 — Signaler le logement aux autorités compétentes

Si le problème relève d'un logement indécent, insalubre ou dangereux, tu as la possibilité — et parfois l'intérêt — de faire intervenir des autorités administratives. C'est une pression puissante sur le propriétaire, car il risque des sanctions bien plus lourdes que via le seul tribunal civil.

La CAF ou la MSA

Si tu perçois des aides au logement (APL, ALS, ALF), tu peux signaler le logement indécent à ta CAF ou MSA. Ces organismes ont l'obligation d'enquêter et peuvent suspendre le versement de l'aide directement au propriétaire — ce qui le touche souvent là où ça fait mal.

La mairie ou la préfecture

Pour les situations d'insalubrité ou de péril, tu peux saisir le service hygiène et santé de ta mairie ou, pour les cas graves, la préfecture. Un arrêté d'insalubrité ou de péril peut être pris, obligeant le propriétaire à réaliser les travaux sous peine de sanctions financières importantes (astreintes journalières pouvant atteindre 1 000 € par jour selon le Code de la Construction et de l'Habitation — CCH).