Dépôt de garantie

Retenue sur caution : ce que le propriétaire peut (vraiment) garder

Dépôt de garantie : découvre ce que le propriétaire peut légalement retenir et comment contester une retenue abusive. Guide complet 2024.

LK
L'équipe Lockli
Publié le 31 mai 2026
⏱ 10 min de lecture

Tu viens de rendre les clés de ton appartement et tu attends ton dépôt de garantie. Mais voilà que le propriétaire te restitue une somme réduite, voire rien du tout, en invoquant des « dégradations » ou des « frais de remise en état ». Légal ou abusif ? C'est souvent flou pour les locataires, et c'est exactement ce que les propriétaires mal intentionnés exploitent. La bonne nouvelle : la loi française est précise sur ce sujet. Elle définit clairement ce que le propriétaire peut retenir sur ta caution… et ce qui est strictement interdit. On te explique tout, avec des exemples concrets.

Qu'est-ce que le dépôt de garantie, exactement ?

Le dépôt de garantie (souvent appelé à tort « caution ») est une somme versée par le locataire au moment de la signature du bail. Son montant est encadré par la loi du 6 juillet 1989 :

Son rôle est de couvrir d'éventuels manquements du locataire à la fin du bail : loyers impayés, charges dues, ou dégradations causées au logement. Il ne s'agit pas d'une manne financière pour le propriétaire : chaque retenue doit être justifiée, documentée et proportionnée.

Le délai légal de restitution : une règle que beaucoup ignorent

Avant de parler de ce que le propriétaire peut retenir, rappelons une règle fondamentale. Selon l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989, le propriétaire dispose d'un délai précis pour rendre le dépôt de garantie :

Ce délai court à partir de la remise des clés par le locataire. Passé ce délai, le propriétaire est redevable d'une majoration de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard. Autrement dit, l'inaction lui coûte cher. Si tu n'as toujours pas reçu ton dépôt de garantie dans les temps, tu as des recours.

Ce que le propriétaire peut légalement retenir

La loi autorise le propriétaire à effectuer des retenues sur caution dans des cas bien précis. Voici les principales situations légitimes.

Les loyers et charges impayés

Si tu as des loyers ou des charges locatives impayés à la date de ton départ, le propriétaire peut déduire ces sommes de ton dépôt de garantie. Il doit pouvoir les justifier avec des relevés de compte ou des quittances. Attention : il ne peut retenir que les sommes réellement dues, pas une estimation approximative.

Les dégradations causées par le locataire

C'est le cœur du sujet. Le propriétaire peut retenir le coût des réparations liées à des dégradations imputables au locataire, à condition de les prouver. Pour cela, il doit :

Exemples de dégradations légitimes : trou dans une cloison non réparé, moquette brûlée par une cigarette, carrelage cassé, porte enfoncée, etc.

Les frais de nettoyage en cas de logement rendu sale

Si tu rends le logement dans un état de saleté manifeste (cuisine graisseuse, salle de bain encrassée, déchets laissés sur place), le propriétaire peut retenir les frais de nettoyage professionnel. Mais attention : il doit fournir une facture réelle, pas un forfait inventé. Un devis seul ne suffit généralement pas si les travaux n'ont pas été réalisés.

Ce que le propriétaire ne peut PAS retenir

C'est là que beaucoup de litiges naissent. Certaines retenues sont tout simplement illégales, même si elles semblent plausibles au premier abord.

L'usure normale du logement

La vétusté et l'usure normale liées à l'usage d'un logement ne peuvent pas être imputées au locataire. C'est un principe fondamental du droit locatif français, rappelé par le décret du 26 août 1987 et précisé par la loi ALUR de 2014. Exemples concrets de ce qui ne peut PAS être retenu :

Une grille de vétusté, recommandée par la loi ALUR et mise au point par des commissions de conciliation, permet de calculer la dépréciation d'un bien dans le temps. Par exemple, une moquette a une durée de vie estimée à 7 ans : si elle en a déjà 5 lors de ton départ, le propriétaire ne peut retenir que 2/7e du coût de remplacement.

Les travaux relevant de l'entretien courant du bailleur

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